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La relation symbiotique mère/bébé : Partie 2

Cette seconde partie de « La relation symbiotique mère/bébé » vous permettra de comprendre comment un enfant prend conscience qu’il est un être distinct du monde qui l’entoure mais également pourquoi un enfant est si attaché à son doudou, que ce soit une peluche, un bout de tissu, une sucette ou encore son pouce. Vous apprendrez aussi que la figure paternelle est primordiale dans le développement d’un enfant.

L’illusion de la toute puissance (Voir l’article : « La relation symbiotique mère/bébé : partie 1 ») s’explique également par le fait que lors des premières tétées, la mère place son sein à l’endroit même et au moment même où son enfant l’imagine, de sorte qu’il croit qu’il fait lui-même apparaître le sein seulement en pensant à lui. (Voir l’article : « L’anticipation parentale ».) C’est pourquoi la bonne mère serait celle qui répond instantanément aux désirs de son enfant, du moins, pendant les premières semaines de la vie de l’enfant. En effet, cette illusion ne doit pas durer trop longtemps. La mère doit assez vite apprendre à faire attendre son bébé afin que le nouveau-né puisse comprendre qu’il n’est pas sa mère, mais un individu à part entière, une entité distincte du monde extérieur. (Voir l’article : « Sensations, sentiments et pensées d’un nouveau-né ».) Ce processus, les psychanalystes et psychologues cliniciens l’appellent la première épreuve de réalité. C’est cette acceptation des limites de la toute puissance, lorsque la mère fait comprendre à son enfant que ce n’est pas lui qui fait apparaître le sein, qui va lui permettre d’acquérir la symbolisation. En effet, si la mère fait attendre, ne serait-ce que quelques secondes le moment de la tétée, son enfant va être contraint d’halluciner le sein afin de soulager imaginairement sa faim et plus encore son désir de contact avec sa mère! Ce serait à ce moment là qu’émergerait le moi dans l’appareil psychique de l’enfant qui jusque là n’était constitué que du ça.

Quoi qu’il en soit, ce n’est qu’au cours des premières semaines du nouveau-né, et pas avant, que ce dernier prend conscience de son enveloppe corporelle, enveloppe qui le sépare de son environnement extérieur, c’est ce que les professionnels appellent le fantasme du moi-peau qui explique l’importance des caresses de l’entourage. Plus un enfant est proche corporellement parlant de son entourage, plus vite il prendra conscience qu’il est différent de ce dernier ce que les psychanalystes et psychologues cliniciens appellent la construction de l’objet. Pour ce faire, le nouveau-né doit traverser plusieurs étapes successives que chaque parent peut aisément remarquer. Ce que les professionnels appellent la réponse sourire marque la première construction du pré-objet. Celle-ci se manifeste par un sourire de l’enfant à l’apparition d’un visage qui lui est familier. Ce sourire s’explique par le fait qu’après avoir construit des traces mnésiques, autrement dit des souvenirs, à partir des visages qui se sont présentés à lui depuis sa naissance, le bébé associe certains visages, et plus particulièrement celui de sa mère, à l’expérience de satisfaction. La réponse sourire n’est donc, en réalité, que le signe que le bébé anticipe, de manière hallucinatoire la satisfaction. C’est à dire qu’il sourit en voyant sa mère apparaître seulement parce qu’il pense déjà à la satisfaction qu’elle va lui apporter en lui donnant le sein. Appelée par les psychanalystes et psychologues cliniciens première sémiotisation dans le sens où c’est le signe que l’enfant utilise un visage comme signifiant, cette première étape dans la construction de l’objet apparaît vers le 3eme mois du bébé et signifie que l’enfant commence à se différencier du monde qui l’entoure. Puis la construction de l’objet se poursuit par ce que les professionnels appellent la seconde sémiotisation, autrement dit, l’angoisse du 8eme mois au cours de laquelle le bébé présente un comportement de rejet face aux étrangers, surtout en l’absence de sa mère. (Voir l’article : « Sensations, sentiments et pensées d’un nouveau-né ».) C’est le signe que l’enfant se distingue enfin du monde extérieur puisqu’il choisit sa mère comme objet d’amour privilégié et donc, qu’il est enfin capable de structurer l’univers spatio-temporel et qu’il va pouvoir accéder au langage. Puisqu’après l’apparition du babillement, le bébé représentera ses hallucinations par des mots que la mère a, au préalable, déposé inconsciemment dans ce que les psychanalystes et psychologues cliniciens appellent l’espace transitionnel qui est un espace entre la mère et l’enfant, dans lequel les deux protagonistes insèrent des éléments afin de faciliter leur communication.

En découvrant l’objet comme objet total et non plus comme objet partiel, l’enfant se découvre donc lui-même comme objet indépendant du monde extérieur et prend conscience de la perte possible de l’objet d’amour qu’est la mère, ce qui explique pourquoi l’enfant est angoissé lorsqu’il se retrouve seul en présence d’étrangers. Pour palier à cette angoisse, l’enfant recourt souvent à ce que les professionnels appellent un objet transitionnel, aussi appelé première possession non-moi et plus communément doudou. Cet objet transitionnel est un substitut de la mère qui aide l’enfant à supporter les frustrations ce qui explique pourquoi il est difficile d’enlever son doudou à un bébé même pour le laver, d’autant qu’un enfant préfère un doudou qui sent sa mère qu’un doudou qui sent la lessive qui n’a plus aucun intérêt à ses yeux. Quoi qu’il en soit cette construction de l’objet ne peut se faire qu’en présence d’un tiers représenté le plus souvent par la figure paternelle parce que sans lui, ni la mère, ni son enfant, n’ont les ressources psychologiques nécessaires pour se déprendre de cette relation symbiotique qui les unit. Le père a donc la lourde charge de dynamiser la séparation en montrant à son enfant que sa mère n’est pas seulement sa mère. Lorsque le père n’exerce pas sa fonction séparatrice, l’enfant est dans l’incapacité de s’autonomiser puisqu’il ne se sent pas autorisé à grandir par son père. Mais pour que le père puisse exercer sa fonction séparatrice qui doit se poursuivre tout au long de la vie de l’enfant car la mère souhaitera toujours inconsciemment se le réapproprier, il est essentiel que la mère indique à son enfant la figure paternelle, qu’elle le reconnaisse en tant que tel et qu’elle valide sa parole. (Voir l’article : « Les origines d’un échec scolaire ».)

La relation symbiotique mère-bébé partie 2

La relation symbiotique mère-bébé partie 2

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