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La relation symbiotique mère/bébé : Partie 1

Cette première partie de l’article consacré à la relation symbiotique mère/bébé vous apprendra la manière dont un bébé envisage l’allaitement, les conséquences qu’ont nécessairement les expériences d’allaitement difficiles sur l’état psychique du bébé mais pas seulement. En effet, vous prendrez également connaissance de l’une des origines des conduites autodestructrices, des réactions qu’il faut avoir face à la violence d’un enfant, quel que soit son âge ainsi que de la manière dont se forment les affinités entre les individus.

Après sa naissance, le nouveau-né reste, pendant quelques semaines, dans ce que les psychanalystes et psychologues cliniciens appellent l’illusion de la toute puissance. (Voir l’article : « La relation symbiotique mère/bébé : partie 2 ».)

En effet, l’allaitement permet à l’enfant de se sentir tout puissant face au sein en pensant qu’à tout moment il peut le détruire. Mais en parallèle, il sent également que le sein peut le détruire, le dévorer comme lui le dévore ce qui explique pourquoi plus il a envie de dévorer le sein plus il craint que ce ne soit le sein qui le dévore. En d’autres termes, le bébé projette sur sa mère sa destructivité pour être ensuite assaillit par la peur qu’elle-même le détruise. C’est donc pour se protéger de ses angoisses que le bébé clive le bon et le mauvais sein comme si sa mère qui lui permet de vivre des expériences d’allaitement satisfaisantes était différente de sa mère qui lui inflige des expériences d’allaitement décevantes, c’est ce que les professionnels appellent l’objet partiel. Dans l’esprit du bébé, le bon sein appelé aussi le bon objet se construit donc à partir de ses expériences de gratification alors que le mauvais sein appelé aussi mauvais objet se construit à partir de ses expériences de frustration. Lorsque l’enfant fait l’expérience du mauvais sein, il rend sa mère responsable de cette expérience alors que lorsqu’il fait l’expérience du bon sein, il considère que c’est grâce à lui. C’est la plupart du temps pour se venger du mauvais sein que le bébé mord le sein de sa mère. A ce moment là, la pulsion orale qui, jusque là s’étayait sur le besoin de se nourrir, devient cannibalique, c’est ce que les psychanalystes et psychologues cliniciens appellent l’organisation sadique orale au cours de laquelle l’enfant prend conscience qu’il peut agir sur son environnement. Dès la première morsure de l’enfant, la mère doit imposer un interdit à son enfant grâce à un langage ferme et solennel et surtout pas, en répondant à son acte par un autre acte violent, afin d’éviter ce que les professionnels appellent le syndrome de l’enfant mordeur. En effet, si la mère ne le fait pas, l’enfant prendra l’habitude de mordre et mordra sa mère mais également ses proches, ses camarades à l’école, etc. Plus tard, avec l’apparition de la motricité et plus particulièrement de la marche, l’enfant expérimente le plaisir de pincer, de griffer, de pousser : comportements qui sont considérés comme hétéro-agressifs et qui doivent être corrigés par des interdits posés par les adultes tutélaires. (Voir l’article : « La sexualité d’un enfant ».) Mais ne croyez pas qu’il faille expliquer une seule fois à son enfant qu’il est interdit de mordre, de pincer… pour qu’il ne morde plus, qu’il ne pince plus, etc. Il faut réitérer les explications afin que l’enfant puisse intérioriser l’interdit. (Voir l’article : « La construction de la personnalité ».) Pour revenir au clivage bon sein/mauvais sein, il est important que la mère accepte que son enfant la considère comme mauvaise. Si elle ne le fait pas, l’enfant ré-introjectera le mauvais sein en lui et développera des conduites autodestructrices, phénomène que les psychanalystes et psychologues cliniciens ont appelé l’expérience de dé-privation. Lorsque l’objet est clivé, le moi l’est aussi, c’est pourquoi plus un enfant a eu de mauvaises expériences au moment de l’allaitement, plus il se croira mauvais une fois adulte et moins il aura d’estime de lui-même. Puis peu à peu, le bébé s’aperçoit qu’en réalité, le bon est le mauvais sein forment un seul et même sein, il cesse alors de cliver le bon et le mauvais sein, acquiert l’objet total qui remplace l’objet partiel clivé en bon et mauvais seins et commence ainsi à construire son unité moïque. (Voir l’article : « Sensations, sentiments et pensées d’un nouveau-né ».) Ce qu’il est intéressant de savoir c’est qu’à l’âge adulte, avec les individus qui composent notre entourage, nous pouvons avoir une relation d’objet total : l’individu est bon et mauvais à la fois ou une relation partielle à l’objet. Dans ce cas là, nous considérons l’individu soit comme absolument bon soit comme absolument mauvais selon que l’on projette sur lui tout notre bon ou tout notre mauvais. (Voir l’article : « Le processus de deuil ».)

La relation symbiotique mère-bébé partie 1

La relation symbiotique mère-bébé partie 1

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