Cet article vous permettra de comprendre pourquoi les adolescents dramatisent autant les ruptures qu’ils subissent mais également pourquoi il est si difficile de faire le deuil de l’être aimé après sa disparition.
A l’adolescence, une rupture peut être assimilée à un véritable deuil dans le sens où les adolescents vivent leurs ruptures amoureuses comme de véritables blessures narcissiques très violentes puisqu’on assiste à un retournement sur le moi de la libido. (Voir l’article : « Le processus de deuil ».) En d’autres termes, l’adolescent doit retirer sa libido de ce que les psychanalystes et psychologues cliniciens appellent l’investissement objectal que représentait son/sa petit/e ami/e. Dans l’amour, on investit notre narcissisme dans l’autre, en d’autres termes, ce que l’on aime chez l’autre, c’est avant tout l’image qu’il nous revoit de nous même. Lorsque l’individu porteur de notre narcissisme disparaît suite à une séparation ou même suite à un décès il est nécessaire de tuer soi-même le disparu. Pour se faire, dans un premier temps on souffre de l’absence et pour palier à cette dernière on reconvoque la présence de l’individu disparu avant d’intégrer son absence. Ce qui est indéniable c’est qu’un deuil transforme : on s’identifie au disparu, notamment en s’appropriant certaines de ses caractéristiques ce qui nourrit notre narcissisme. Mais malheureusement, tous les deuils ne se passent pas de cette manière. Certains individus sont incapables de vivre avec l’absence du disparu, même plusieurs mois, voir plusieurs années après la séparation/disparition. Dans ce cas, l’individu se laissera mourir, ne mangera plus, ne sortira plus, ne dormira plus,… c’est ce qu’en psychanalyse et en psychologie clinique on appelle le suicide mélancolique. La mélancolie est une grosse dépression au cours de laquelle l’individu s’adresse des reproches très sévères qui sont inconsciemment adressés au disparu, comme s’il devenait le disparu. Dans le cas d’un deuil classique, l’individu continue de vivre en faisant vivre le mort à travers lui alors que dans le cas d’un suicide mélancolique, il se prend pour le mort et se laisse donc mourir ou se suicide violemment.

le deuil de l'être aimé






