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Le processus de deuil

Cet article qui détaille les principales étapes d’un deuil vous permettra de comprendre pourquoi le processus de deuil est si long et pourquoi nous l’appréhendons tous d’une manière différente.

Lorsqu’un individu perd un membre de son entourage, c’est l’objet externe qu’il perd et non pas l’objet interne qui reste présent dans sa réalité subjective. En effet, chaque objet est à la fois externe et interne. L’objet interne n’est en réalité que la représentation que nous nous faisons de l’objet externe ce qui explique pourquoi nos objets internes ne correspondent pas toujours aux objets externes. (Voir l’article : « La relation symbiotique mère/bébé : partie 1 ».) Chercher à réactiver la douleur liée à la perte de l’objet externe en se remémorant les souvenirs que l’individu avait en commun avec le disparu est une période indispensable dans le travail de deuil qui lui permet d’introjecter l’objet, autrement dit de l’intérioriser, de le prendre en lui pour lui rendre la vie à travers lui, ce qui implique nécessairement une transformation de l’individu. (Voir les articles : « Le deuil de l’être aimé » et « Une séduction maternelle indispensable pour le développement du bébé ».) Pour illustrer les étapes qui composent un deuil, voici deux exemples significatifs : la perte d’un enfant et la perte d’un parent pour un adolescent.

La mort d’un enfant créé une situation d’une extrême mélancolie dans le sens où en perdant leur enfant, les parents perdent une partie d’eux même. Dans un premier temps, l’enfant prend la première place au sein de la famille, il devient l’unique priorité. Toutes les mères souhaitent suivre leur enfant dans la mort, et dans ces cas là, rien ne sert de tenter de les convaincre que cela ne le ramènera pas, il suffit de reconnaître la légitimité de leur désir de mourir. Puis, pendant un certain temps, la mère fait à nouveau rentrer son enfant en elle, comme pour lui offrir une nouvelle chance, une nouvelle naissance. C’est ce que les psychanalystes et psychologues cliniciens appellent la préoccupation maternelle terminale. Cette réaction ne doit pas être prise à la légère dans le sens où elle représente une négation du temps qui a passé depuis la naissance de son enfant et donc une négation du deuil, voilà pourquoi l’entourage doit veiller à ce que la mère surmonte cette préoccupation maternelle terminale au risque qu’elle perde contact avec la réalité.

Face au deuil de l’un de leurs parents, les adolescents ne semblent pas vraiment mal réagir ce qui peut s’explique par le fait qu’à l’adolescence, comme lors du complexe d’Œdipe, les enfants ne se cachent pas de souhaiter la mort de leurs parents. Lorsque l’un des parents meurent, les adolescents semblent plus ou moins insensibles pourtant nombreux sont ceux qui vont totalement désinvestir leur scolarité considérant que penser pour eux est dangereux. En effet, les adolescents se sentent nécessairement responsable de la mort de leur parent dans le sens où ils sont persuadés que s’ils n’avaient jamais osé espérer sa, ce dernier serait toujours en vie. Si l’adolescent tombe, quelques mois après le décès de son parent, amoureux, ce qui arrive très souvent, lors de la rupture, la douleur de la perte de son parent va se réactiver puisqu’en réalité, à travers son petit-ami, sa petite-amie, l’adolescent cherchait simplement à remplacer son parent décédé. (Voir l’article : « Le deuil de l’être aimé ».)

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